03.10.2005
Conglomérat; Sejuj
Chapitre premier
Le vent soufflait sur la ville d’Aurora, un vent sec et froid comme on les connaissait à cette époque. Un vent venant du nord-ouest, un vent puissant qui vous saisissait les entrailles en vous écorchant la peau que vous n’aviez pas assez couverte. Une température telle qu’on les vivait au mois de février dans le nord. Sejuj avançait dans les rues sur éclairées de la métropole nord-américaine en pensant à son nez dévoré par les morsures d’Éole. Il marchait la tête basse, le visage le plus près possible de son manteau et les épaules courbées. On aurait pu croire à un homme du passé si son long manteau de simili velours n’avait reflété les affiches publicitaires qui tapissaient la ville.
- Voilà bien longtemps que je n’ai pas vu la campagne, se dit Sejuj en pensant à ce qui existait en dehors de la grise réalité de la vie urbaine.
En fait, il n’était pas retourné à la campagne depuis la mort de son oncle alors qu’il était plus jeune. Comme il aurait aimé être comme son oncle, une personne brave et courageuse, une personne qui poursuivait un rêve et qui savait vouloir vivre. Jamais il n’y arriverait lui, il n’était qu’un lâche, qu’un simple directeur de personnel, chanceux d’avoir une telle position. Un pion qui comptabilisait les articles et payait les journalistes selon leur production et leur renommée. Il haïssait sa job et n’appréciait plus vraiment la vie monotone qu’il menait, un style de vie pourtant idéalisé dans les pays de l’alliance.
Il prit à gauche rue Keynes et sauta dans un autobus classe E, il inséra sa carte à crédit dans la fente prévue à cet effet. Une voix féminine lui souhaita bonne journée et la somme de 20 crédits fut débitée de son compte. Il en avait marre de toutes ses interactions robotiques, marre de toujours payer des sommes faramineuses pour tout et pour rien, marre de perdre son temps dans l’autobus parce qu’on avait volé sa voiture, marre de cette ville artificielle. Il avança jusqu’au fond, trouva un siège libre et s’y assis, fixant par la fenêtre les bâtiments fades qui défilaient au loin. Les rues se superposaient dans un ordre parfait et prévisible, autour de lui, toujours la même rectitude. À l’horizon il n’y avait que perfection et alignement. Ou plutôt simili perfection, le tout était ordonné en un système rigoureux de routes et d’édifices, alignés à angles droits pour former un quadrillage, qui s’étendait à perte de vue. On voyait la neige grise, salie, qui flottait, balayée par le vent, flottant d’un toit à l’autre comme si elle cherchait à s’enfuir d’ou elle était, comme si Aurora n’aurait pas été le meilleur endroit sur Terre pour se poser.
À suivre...
15:15 Publié dans Romans Feuilletons | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
30.09.2005
L'audace
Ils ont insulté les vaches
ils ont insulté les gorilles
les poulets
Ils ont insulté les veaux
ils ont insulté les oies les serins les cochons les maquereaux
les chameaux
ils ont insulté les chiens
Les chats
ils n'ont pas osé.
Jacques Prévert
15:30 Publié dans Poems my friends, this kid call himself a poet | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
OH LORD!
LVB 88
Je voudrais être dieu, ou bien Maradona
Être aimé et chéri du fond des favélas
Faire prier les fidèles, visages illuminé
Que leur poussent des ailes, quand ils me baisent les pieds
Je serai le Mozart, des discours hystériques
La classe à Brett Saint Clair, le style à Danny Wilde
Par processions entières, aveugles ils me suivront
Comme d'aucun vont chantant, le jour de l'exécution
Je défilerai vainqueur, sur un tapis rouge soie
Je serai le plus grand, des rois je serai roi
J'ammasserai les lingots, comme on entasse les morts
Flattant sujets et vassaux, comme on engraisse les porcs
Hurlant dans les micros, ils reprendront en coeur
Des refrains insidieux, sans qu'aucun n'y prenne peur
Il faudra bien qu'ils vibrent, puis qu'ils rampent devant moi
Le vertige prend les foules, quan on leur montre la voie
Chanter comme Mariano, Boxer comme Cassius Clay
De mes attratits géniaux, le monde je séduirai
En méprisant les hommes, comme eux méprisent les femmes
Ils mourront tous pour moi, comme ils tuaient pour Dieu
15:25 Publié dans Poems my friends, this kid call himself a poet | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note









