20.10.2005
Conglomérat; Sejuj 3
Finalement son arrêt arriva et il descendit du transport en compagnie du modèle de ce que la société voulait. Heureusement, Sejuj était en réunion spéciale ce matin là, il pu donc, dès l’ascenseur, prendre congé de Wallberg. Ils échangèrent des salutations qui parurent chaleureuses aux yeux du grand gaillard puis leurs chemins se séparèrent.
La tour d’Auroracom était une des plus haute de la ville, mais même à cela, on ne pouvait voir du dernier étage que des successions de toits. La mégalopole d’Aurora, la capitale des États-Unis d’Amériques. La plus grande ville de la planète avec ses 160 millions d’habitants. Elle s’étendait de l’ancienne Ville de Montréal jusqu’à l’ancienne ville de Washington, c’est pourquoi elle était naturellement devenue la capitale de la partie américaine de l’Alliance. Si Sejuj pensait à toutes ces choses, c’est que lui même, aujourd’hui, montait au plus haut étage de la tour d’Auroracom pour rencontrer son frère, le président de la compagnie. Une voix douce mais synthétique lui souhaita la bienvenue et la porte s’ouvrit. Il pénétrait dans le grand bureau du 215e étage. Petit et trapu, son grand frère était là, l’attendant à son bureau de simili acajou, les mains posées sur un paquet de micro-dossiers, fixant devant lui de ses yeux bleus l’endroit ou se tenait Sejuj.
-Je vois que tu es en retard comme toujours, dit Drof en guise de parole d’accueil.
-Je ne saurais te surprendre cher frère, répliqua sur un ton sec Wallberg qui en répondant s’avançait et prenait place dans un des fauteuils en synthéti-cuir sans attendre d’y être invité. Son frère le regardait d’un regard qui en disait long sur le peu d’estime qu’il accordait à celui qui avait un jours été son meilleur ami.
-Tu sais pourquoi je suis ici, commença à dire Sejuj, tu sais que je ne peux pas faire cela à ces gens-là, eux aussi ont leurs familles, eux aussi ont leurs gosses à nourrir et toi tu voudrais les jeter à la rue comme si c’étaient de simples rebus, comme si ils méritaient réellement d’être des Selas.
Son frère garda le silence puis soupira avant de répondre: Tu sais, ils savaient ce qu’ils faisaient, ce n’étaient pas des nouveaux venus, ces gars là, surtout Ricky. Ils connaissaient leur job, ils savaient très bien ce qu’ils pouvaient faire et ce qu’ils ne pouvaient pas. Ils ont consciemment décidés de ce qui leurs arrive et ce n’est sûrement pas tes larmes de crocodiles domestique qui me feront changer d’avis. Nous en avons déjà parlé, il ne s’agit pas uniquement de ce cas précis et d’eux, il s’agit de l’avenir de tout Auroracom et de ces centaines de milliers de travailleurs. Que feraient-ils eux, si le conseil des Oligarches nous enlevait notre licence d’exploitation, comment pourrais-je l’expliquer à toutes ces familles qui se retrouveraient sans emplois parce que des impertinents ont crus bon de tenter de sabrer le mince équilibre qui nous sépare de l’anarchie? Tu vois (et il repartit dans son fameux discours que Sejuj avait entendu des dizaines et des dizaines de fois), gérer une compagnie est un travail des plus difficile qui ressemble un peu au travail d’un père de famille. Même le plus juste des pères doit parfois prendre des décisions qui ne l’enchantent pas mais qui sont pour le bien de sa famille. Bien sur les enfants rouspéteront, mais il en va de leur propre bonheur, se dit le père.
- Tu peux abréger, je l’ai entendu des dizaines de fois ton discours, rétorqua impoliment Sejuj ce qui eut pour effet d’attiser la colère qui somnolait dans le crâne de Drof; une colère de tant de déceptions.
À suivre ...
02:03 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Conglomérat; Ocramo 3
Chapitre 2
Nous voilà, nous y étions. Huit nains dans l’immensité rocheuse de l’Himalaya. On avait déjà vu des images de l’Everest, mais voir tous ces pics tendus comme des dents de requins partout autour de nous donnais des frissons dans le dos. D’autant plus que la température était plus basse que nous l’aurions cru. Même si nous étions en Juin, la température n’excédait pas les 10 degrés. Mais ce n’était pas grave, nous étions les meilleurs, capable de résister à toute sortes de conditions extrêmes et ce n’est pas la température qui nous empêcherait de libérer le peuple Estopia.
La première étape consistait à établir un campement temporaire afin de s’acclimater à l’air raréfié des hauteurs et prendre connaissance du terrain. Gabriel, qui, pour l’opération, s’était greffer un filtre à oxygène, ne ressentit aucune différence et parti en mission de reconnaissance. Il monta sur l’escarpement le plus proche pour faire fonctionner ses scanners et autres machines qui nous serviraient à localiser le chemin que nous devions emprunter. Nous devions nous diriger vers une ancienne cité « magique et éternelle » qui avait jadis accueillit le chef religieux du Tibet et qui aujourd’hui servait, croyions-nous, de capitale d’Estopia.
Lorsque Gabriel revint de son expédition, il s’étonna du hasard qui nous avait fait atterrir si proche du but. Selon lui, il y avait un chemin de contournement qui nous permettrait d’atteindre une forêt qui nous mènerait à l’entrée de la cité impériale. Nous partîmes tôt à notre réveil et à la noirceur nous dormions, cachés dans les montagnes à une demi-heure de marche de la forêt. Une fois nos lits arrangés et ma troupe au repos, je ne pus trouver sommeil. Des milliers d’images défilaient dans ma tête. Je ne sais pas pourquoi, mais je revoyais sans cesse des images d’enfants pauvres. Je revoyais un épisode qui avait eut lieu plusieurs années auparavant. Chargé d’éliminer un noyau de résistance dans la région du lac Nicaragua, je m’étais retrouvé sur une butte, regardant le village en feu. Un travail bien fait. Tous les guérilléros y avaient succombés en moins d’une heure. À trois personnes nous avions effacé un village complet. C’était la seule fois ou je m’étais demandé ce que je faisais dans l’armée, pourquoi je causais tant de destruction autour de moi. Pourquoi cet pensée à ce moment. Pourquoi cette pensée alors que je devais prendre du repos pour affronter les journées qui suivraient.
Cela faisait trop longtemps que je pensais et j’étais trop éveillé pour m’endormir. Je me décidai de me lever et d’aller surveiller la nuit. Une nuit calme et splendide. Une nuit ou l’air vous rentre dans les poumons et vous donne l’impression de faire le ménage, une nuit ou habituellement on regarde le ciel et on pense à notre futur, à tout ce qui nous attends. Le genre de nuit où on se rend compte à quel point on aime la vie.
Khléotia, qui ne dormais pas elle non plus, vint me rejoindre sur une roche qui me servait de chaise longue. Elle s’assit sur le roc et contempla le ciel en silence. J’éprouvais une chaleur à sa présence. Je ne savais plus s’il fallait que je regarde le ciel ou sa beauté. J’avais le goût de lui parler, de dire quelque chose. Mais j’étais maladroit avec les filles. Je l’avais toujours été, j’avais cru pouvoir m’en passer en entrant dans l’armée, conjurer les mauvais souvenirs dans l’effort, ne plus jamais penser aux femmes et à l’amour. Mais voilà qu’elle, Khléotia était arrivée. Elle qui incarnait mon idéal féminin comme si mon idéal avait été forgé pour et par elle. Elle était en harmonie avec tout ce qui l’entourait, la pureté des montagnes, la fraîcheur de la brise, les étoiles lumineuses, comme si elle était né dans ces lieux, comme si elle avait vu le jour en même temps que tous ces éléments.
À suivre...
02:00 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
19.10.2005
Les Vers sans dé vert sang
Ces mots qui nous lient
dans les sons les lisons
tous ces maux, des bas tôt
de leur long nous refont
un bien mauvais État
L'anihilication de la communication
dans la signification sans caution
de sion à scions, parlassons.
Avec nos faux, couper les cros
de ces corbeaux no no
Avec nos chères essayer de fer
allez en pairs, brisez nos faires
libérez nos chaires
une dynamique atomique
ou les briques s'imbriquent
ou les maux sont les mots
ou les cygnes ne volent pas
La morale amorale,
du général à l'amiral
quel mirage sans visage
une image s'en dégage et moi, le sage, jean-rage
dans nos cages de maux, la saint-taxe guide l'Abé cédaire
la mer en gramme, dialectique mathémathique
qui tout complique en-tique
plébiscites explicite,
pure logique arthritique
sclérose sot-cial
comment nos pères ont pu faire
nous enchaîner dans des faires
une misère pour nos frères
qui paient si cher leurs fers
Humanitaire, salut (et te) taire
engrenage immunitaire pour nous plaire
Jamais édulcorer nos commentaires!
14:50 Publié dans Poems my friends, this kid call himself a poet | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13.10.2005
L'éthique journalistique
Bonjour chers futurs journalistes (ou pas),
Je suis en train de lire un livre très intéressant sur les médias et j'aimerais vous poser quelques questions...
Devez-vous écrire en fonction de garder votre poste? Et dans quelle mesure cela viendra afecter votre style, le choix de vos sujets et les idées que vous exprimerez.
Quel est selon vous l'impact de la concentration des médias au Québec sur le journalisme d'opinion?
Quel est selon vous l'impact de la surenchère de l'information via la multiplication des chaînes d'informations continues? L'augmentation du nombre de la diffusion de l'information dans les dernières années (RDI,LCN, Métro, 24 Heures, Cyberpresse, Radio-Canada.ca, etc) versus la relative stagnation du nombre de journalistes pratiquant amène-t-il des problèmes graves comme la reprise de plus en plus fréquente de dépêches de presse dans leur intégralité?
Devenons nous complices de la désinformation en surinforman sur des sujets bidons?
La surinformation (ex: l'omniprésence de la guerre en Irak versus le silence sur la crise au Darfour) est-elle une forme de censure moderne? En étant noyé sous une tonne d'informations,le lecteur arrivera-t-il a oublier qu'ailleurs il se passe d'autres choses?
Une idée exprimé par un médias est exprimé par la suite par les autres médias...Pour chercher une information "vrai" le lecteur comparera plusieurs journaux, mais si tous disent la même chose, cela voudrait-il dire que c'est vrai?
L'image est-elle objective?
L'absence d'image est-elle objective?
14:26 Publié dans Agora | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
11.10.2005
L'école du micro d'argent
Je dois l'avouer, j'ai un faible pour les ordinateurs, que ce soit jouer avec les composante, reformater un ordinateur ou simplement jouer avec des programmes, je trip, j'aime ça.
Aujourd'hui c'est le logiciel cmap qui m'a accroché. Une bonne manière, simple et efficace de schématiser des concepts. Mais quels concepts? j'ai donc décider, pour vous, lecteurs assidus de mon roman-feuilleton, de schématiser les syntagmes narratifs de l'histoire de Conglomérat (le nom provisoire donné au livre) et aussi de schématiser les personnages.
Le schéma de l'intrigue est assez ccompliqué, en voilà la raison. Le livre, est construit autour de trois personages ayant chacun trois parties de tois chapitres s'alternant dans un ordre semi-aléatoire. Le livre est suivi d'un épilogue et d'une introduction qui ne figurent pas dans le schéma...car ils n'ont pas encore été ni écrits ni mis en plan...
De plus, l'histoire se déroule dans trois époques différentes dans trois pays-continents différents.
J'espère que vous apprécierez l'histoire...ce qui est publé dans ce blogue c'est le brouillon du livre.
Pour télécharger ce logiciel vous devez aller à l'url suivante: http://cmap.ihmc.us/
14:45 Publié dans Romans Feuilletons | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
09.10.2005
Les eaux-revoirs
Sur les mers folles, ballote mon cœur
Victime consentante d’un naufrage perpétuel
Je me glisse sur tes vagues, navigue tes eaux
Mon corps sans limite, ton amour sidéral
Les montagnes marines de nos désirs souverains
Et notre passion qui brille comme des flots enchantés
Ces mots qui s’évadent et cherchent à te rejoindre
Ces mots que j’écris pour te rapprocher
Ces mots qui me rappellent ton absence
J’ai beau t’aimer et te désirer
Je sais que ta place en ce moment n’est pas ici
Tu as beau m’aimer et me supplier
Tu sais que ta place n’est pas auprès de moi en ce moment
Ne vois pas ces temps ci comme un obstacle, mais plutôt
Comme les pluies qui viennent nourrir les champs
Avant que le soleil ne puisse les bénir de nouveau
Notre amour refleurira, et tu verras,
Le parfum de nos caresses embaumera de nouveau la vie
Viendra ce jour où nous nous prendrons,
Ce jour où nos corps s’enlaceront pour danser notre amour
Et à ce moment une chaleur douce te parviendra aux oreilles
Et comme un mélodie de bonheur tu entendras : Je t’aime
12:17 Publié dans Poems my friends, this kid call himself a poet | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
08.10.2005
Mais, mais je le reconnais, c'est Louison Bobet
Vous vous rappellez de lui? Louison Bobet ce petit marsouin qui a inspiré tant de générations 
depuis Ludwig Von Beethoven 88? Non?!?!?
Personnage charismatique, emblème sans écorchures d'une génération d'homospéculatus déchaînés, Louison Bobet a su, comme la chandelle, nous éclairer pendant les pannes de courants sociales; diffusant la lumière dans le noir de la pensée citoyenne. Aujourd'hui son influence est sans frontières, des criards de Banlieue Rouge jusqu'au silencieux comité de rédaction des élucubrateurs de ce weblog en passant par les amateurs sportifs, tous suivons (ou pas) le parcours sans bornes de cet être d'exception.
Interviewé par le comité d'imagination de ce journal, Louison nous a déclaré ceci : " Vous savez, savoir c'est connaître un peu plus que moins sans toutefois tout comprendre, pigé? Toute ma vie, j'ai inspiré des gens à avoir des plus grosses cuisses - plus taillées et plus performantes - ou a élucubrer dans leurs chansons. Pour ceux qui ne le savent pas, une élucubration est le résultat de recherches souvent dépourvues de sens. Certains dirons divagation, d'autres extravagance; moi je dirai essence."
"Car le sens n'est pas sensé, et le cens n'est plus recensé. Je vous dis alors, que pour moi les mots ne sont que d'arbitraires signes enchevêtrés dans d'improbables assemblages. Ainsi, fini la prédominance des diseurs de bonaventure et des charlatants du politique dans le discours social. Je prône l'éclatement cérébral et l'ouverture sociale."
"Je déclare l'ère du Bobinisme ouverte!"
14:55 Publié dans It's a call, it's a call from above! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
06.10.2005
Conglomérat; Ocramo 2
Nous savions que le siège du gouvernement devait être à quelque part dans cette chaîne de montagne, dans les environs de ce qu’on appelait autrefois le Tibet. Ce petit pays enclavé qui fut le premier pays conquis par les chinois. Premier mais loin d’être le dernier. Les chinois avaient fini par conquérir tout l’Asie. Ils avaient commencés avec un grand coup d’éclat en prenant le contrôle de l’Inde. Il y avait eu en 2076 un Tsunami dévastateur qui avait presque tout détruit jusqu’à trente kilomètres à l’intérieur des côtes indiennes. Une vague géante de plus de 30 mètres qui s’abattait sur le pays en pleine croissance. L’armée indienne fut dépêchée, mais une autre vague mortelle s’abattit sur le pays continent, réduisant des trois quart la dimension de l’armée du pays de Gandhi. On découvrit bien plus tard des traces d’explosions dans l’océan indien qui permirent de comprendre que les chinois avaient orchestrés le coup, mais c’était trop tard. Dès la nouvelle de la seconde vague, la Chine prêta 100 000 milles soldats pour aider l’Inde. Le président indien, en état de choc et peu visionnaire accepta la proposition chinoise. Jamais les chinois ne partirent de la péninsule qui fut occupé et annexé à la Chine. Et lorsque la preuve fut faite de la responsabilité chinoise dans la catastrophe qui n’était plus naturelle, la Chine menaça de se retirer des Nations Unies qui perdraient la moitié de la population mondiale en un an. Les pays occidentaux étaient alors aux prises avec la tentative d’unification bolivarienne dans le cône sud et ne purent s’occuper des chinois qui devinrent la plus grande puissance du globe grosse de 4 milliards d’habitants à la suite de la conquête du Pakistan, du Népal et du Bhoutan. Les pays d’Indochine s’unirent, mais ne résistèrent pas à la puissante armée du peuple. En 2125, la Chine s’étendait de la Mongolie à l’Indonésie et totalisait les trois cinquièmes de la population mondiale et comptait sur l’armée la plus nombreuse du globe 4 fois possédante de l’arme atomique via l’Inde, le Pakistan, la Corée et elle même. Nous étions huit et on devait couper la tête à cet empire de l’est qui n’avait fait que se consolider depuis 600 ans et dont on n’avait que des informations vieilles de plusieurs siècles.
Et c’est pour ça que nous étions huit dans l’expédition. Gabriel était notre sixième gars, mais d’une certaine façon, il était notre sixième sens. Élève brillant, éminent scientifique à 26 ans, il s’étai enrôlé dans l’armée pour pouvoir développer des nouvelles technologies militaires. À 33 ans il avait mis au point une nouvelle génération d’implants cybernétique qui communiquaient avec le corps via le liquide amiotique. Autant dire que ses implants étaient comme des nouveaux membres qui poussaient sur le corps des sujets. Son projet donna naissance aux micro-ordinateurs portés aux poignets par beaucoup désormais. À 40 ans, plusieurs fois milliardaires, il confectionna une machine qui permettait d’augmenter la masse et la capacité musculaire de manière à produire des surhommes. Il avait eut la délicatesse de breveter son invention et ainsi la garder pour lui seul ou les personnes qu’il choisissait au peigne et dont j’avais été le seul en dehors de lui-même à avoir testé la machine. Mais lui l’avait utilisé bien plus souvent. L’homme érudit et pas sportif pour un micro-crédit était devenu en l’espace d’un an l’homme le plus fort et le plus vigoureux du pays, mais cela n’était pas son objectif. Son truc c’était la cybernétique. Sa nouvelle masse musculaire lui permettait seulement de porter davantage d’implants. Il était à lui seul un centre d’observation et un laboratoire d’analyse. L’être suprême ou presque, il devait, pour se maintenir, s’injecter des doses puissantes de drogues, sinon il ressentait des douleurs intenables.
Il y avait Romélito, un descendant d’immigrants de la troisième vague, un descendant des shamans mexicains. Un être frêle et réservé qui ne parlait qu’à Gabriel, Khléolita et moi. Une personne solitaire qui mijotait toujours une recette. Il était le cuisinier et le chimiste du groupe. Un spécialiste des explosifs. Il pouvait faire tenir l’équivalent de cent bâtons de dynamite dans une balle de golf. Un procédé à lui qui ne partageait avec personne, c’était son gage de survie, l’assurance que personne le tuerait parce qu’il incarnait la marginalité, on avait trop besoin de son savoir pour s’en passer. De plus son sang regorgeait d’un explosif qui exploserait la minute que son coeur cesserait de battre sans son accord, du moins c’est ce qu’il laissait croire et on le laissait tranquille, même si des fois il était socialement hérétique.
Le huitième chevalier de l’apocalypse c’était Khléotia, la créature vivante la plus proche de l’idéal de la beauté. Un rubis parmi les roches, un soleil entre les nuages que nous étions. On se savait éphémère, on savait qu’un jour nous précipiterions vers la terre, mais elle, elle semblait éternelle. Je ne sais pas comment elle a aboutit avec nous, n’y d’ou elle venait, mais une chose était sure, elle était différente. Son corps semblait être la cristallisation de la beauté. L’incarnation dans un physique de l’idéal de la bonté. Elle avait arrêté des batailles entre soldats qu’en les regardant. Non pas qu’on se battait pour elle, personne ne se sentait digne d’elle ni s’essayait avec elle. Ce n’est que beaucoup plus tard, lorsque j’appris son passé, que je compris le pourquoi ces brutes avaient soudainement des manières de personnes éduquées lorsqu’ils étaient en sa présence. Pourquoi était-elle avec nous? Elle avait un don, on disait que c’était parce qu’elle avait été exposée à des radiations puissantes lorsqu’elle était dans le ventre de sa mère, elle pouvait guérir les gens. Si les gens étaient malades, elle les regardait dans les yeux et immédiatement, comme par miracle ils guérissaient. S’ils étaient blessés, elle posait ses mains sur la zone endolorie et les guérissait ainsi. Elle avait elle-même demandé de faire partie de la mission, on avait accepté, personne ne lui a jamais rien refusé, du moins c’est ce que je pensais alors.
À suivre...
23:34 Publié dans Romans Feuilletons | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Conglomérat; Sejuj 2
Le véhicule ralentit puis s’arrêta. De nouveaux voyageurs, comme lui des classes E, des Epsons, embarquèrent en file dans l’oasis aseptisé qui les transporterait jusqu’à leur lieu de travail. Il reconnue dans les arrivant un grand bonhomme, habillé selon la dernière mode, des pantalons sportifs qui se changeaient en pantalon d’extérieur lorsqu’on pressait sur la griffe. Son nom, Wallberg. Ce nouveau venu était autre employé de la firme ou il bossait. Sejuj feignant de ne pas le voir, détourna ses yeux vers un des murs de l’autobus. C’est-à-dire qu’il posa son regard sur un des écrans comme le faisaient les autres passagers qui ne travaillaient pas sur leurs ordinateurs de bras. On y passait un reportage sur les vertus de la crème à main Kolston; « Kolston la crème qui fait de vous l’homme le plus populaire de votre entourage ». Quel slogan débile. Sejuj n’en pouvait plus des piaffements de l’animatrice, tout ce qu’il voulait, c’est d’être loin, loin de cette ville, de ce bruit, il voulait le silence et la paix. Il voulait pouvoir regarder dans le vide et ne penser à rien si ce n’est qu’à la bière froide qui coulerait tel un sirop miraculeux dans son gosier. En même temps il ne le pouvait pas. Qu’aurait-il fait? Il aurait voyagé, trouvé l’âme soeur sur une île lointaine, changé son nom, élevé sa famille tranquillement. Tout, sauf être ici, dans ce bus en direction du bureau. Mais ailleurs, étais-ce réellement mieux?
Il risqua un coup d’oeil sur sa droite et remarqua que Wallberg se dirigeait vers lui avec son grand sourire habituel qui énervait tant Sejuj. Sejuj n’avait plus d’autres choix que de feindre l’étonnement.
-Tiens Wallberg, je ne t’avais pas vu! Tu es embarqué il y a longtemps? Tu sais j’était tellement captivé par ce reportage sur cette nouvelle crème, tu sais la, il marqua une hésitation puis retrouva le nom de la marque, Kolston, oui c’est ça, comme j’aimerais en avoir moi aussi, j’étais tellement absorbé que je ne t’ai même pas vu entrer.
Wallberg prit place à côté de Sejuj et commença un long monologue sur les différentes crèmes qu’il avait essayé, sur les qualités et les défauts de chacune, s’éternisant sur le prestige supposé que donnaient chaque crèmes à celui qui les utilisait. Parce que tout le monde sait si on prend soin de son corps ou non. Lui d’ailleurs n’utilisait que la crème Kolston, non pas parce qu’il voyait ce reportage à tout les jours, non lui il était libre de juger ce qu’il achetait ou non, mais parce que c’était la seule qui convenait à son type de peau. Wallberg avait le don de toujours trouver quelque chose à dire de plus insignifiant que lui-même, tout le monde l’aimait sauf Sejuj qui rêvait de tranquillité pour penser. Lui, il était incapable de parler de ces futilités qui semblaient passionner ses concitoyens. Avec l’âge et la pratique, il avait si bien développé l’art de la fonction phatique qu’il pouvait donner l’impression d’être passionné par n’importe quel locuteur, même le plus ennuyant comme ce Wallberg, tout en pensant à milles autres choses; comme à ce qu’il l’attendait au bureau et aux gens qu’il devrait mettre à la porte, à ces familles qui dégringoleraient l’arbitraire échelle de la société, alors que des cancers du type de Wallberg continuaient à se multiplier dans toutes les tours du district de travail.
23:32 Publié dans Romans Feuilletons | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
L'Appel de la cité
C'est l'appel de la cité
Qui m'a un jour envoûté
Et qui m'a fait m'éloigner
De la campagne où je suis né
Pour travailler à la ville
Ma famille j'ai dû quitter
C'est comme ma nature tranquille
Qui ne tient plus que du passé
Un mariage contre-nature
Entre la chair et l'acier
Parqué entre tout ces murs
Qui me retiennent prisonnier
Je ne sais pas c'que je fous là
C'est aussi triste que dommage
Car comme se font rares les emplois
Je vis d'assurance-chômage...
Ooohhhh! Ooohhhh!
Mais on s'habitue à la ville
Je crois même qu'elle sécurise
C'est d'une façon subtile
Qu'elle exerce son emprise
On s'habitue aux boulevards
Qu'on fréquente le soir tard
Aux salles de jeux et aux bars
Animés de toutes parts
Dans cette atmosphère enfumée
Où je m'efforce d'exister
S'échangent des regards sirupeux
Prescrits par des commerces douteux
Et flotte encore sous les néons
L'odeur âcre de la déception
Les plaisirs interdits auront
Toujours un goût de perdition
Sur les terrains vagues
Comme dans les ruelles humides
Partout où je divague
Je me heurte au vide
De la marque urbaine
De cette cité maudite
Métropole inhumaine
Où tout se passe trop vite!
Mais je l'aime malgré tout
D'un sourire complice
Cette ville de fous
Dont je suis un peu le fils
Car on est jamais aussi aveugle
Qu'on peut l'être quand tout s'écroule
Et on est jamais aussi seul
Qu'on peut l'être dans une foule!
Banlieue Rouge
23:15 Publié dans Poems my friends, this kid call himself a poet | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note











