20.10.2005
Conglomérat; Ocramo 3
Chapitre 2
Nous voilà, nous y étions. Huit nains dans l’immensité rocheuse de l’Himalaya. On avait déjà vu des images de l’Everest, mais voir tous ces pics tendus comme des dents de requins partout autour de nous donnais des frissons dans le dos. D’autant plus que la température était plus basse que nous l’aurions cru. Même si nous étions en Juin, la température n’excédait pas les 10 degrés. Mais ce n’était pas grave, nous étions les meilleurs, capable de résister à toute sortes de conditions extrêmes et ce n’est pas la température qui nous empêcherait de libérer le peuple Estopia.
La première étape consistait à établir un campement temporaire afin de s’acclimater à l’air raréfié des hauteurs et prendre connaissance du terrain. Gabriel, qui, pour l’opération, s’était greffer un filtre à oxygène, ne ressentit aucune différence et parti en mission de reconnaissance. Il monta sur l’escarpement le plus proche pour faire fonctionner ses scanners et autres machines qui nous serviraient à localiser le chemin que nous devions emprunter. Nous devions nous diriger vers une ancienne cité « magique et éternelle » qui avait jadis accueillit le chef religieux du Tibet et qui aujourd’hui servait, croyions-nous, de capitale d’Estopia.
Lorsque Gabriel revint de son expédition, il s’étonna du hasard qui nous avait fait atterrir si proche du but. Selon lui, il y avait un chemin de contournement qui nous permettrait d’atteindre une forêt qui nous mènerait à l’entrée de la cité impériale. Nous partîmes tôt à notre réveil et à la noirceur nous dormions, cachés dans les montagnes à une demi-heure de marche de la forêt. Une fois nos lits arrangés et ma troupe au repos, je ne pus trouver sommeil. Des milliers d’images défilaient dans ma tête. Je ne sais pas pourquoi, mais je revoyais sans cesse des images d’enfants pauvres. Je revoyais un épisode qui avait eut lieu plusieurs années auparavant. Chargé d’éliminer un noyau de résistance dans la région du lac Nicaragua, je m’étais retrouvé sur une butte, regardant le village en feu. Un travail bien fait. Tous les guérilléros y avaient succombés en moins d’une heure. À trois personnes nous avions effacé un village complet. C’était la seule fois ou je m’étais demandé ce que je faisais dans l’armée, pourquoi je causais tant de destruction autour de moi. Pourquoi cet pensée à ce moment. Pourquoi cette pensée alors que je devais prendre du repos pour affronter les journées qui suivraient.
Cela faisait trop longtemps que je pensais et j’étais trop éveillé pour m’endormir. Je me décidai de me lever et d’aller surveiller la nuit. Une nuit calme et splendide. Une nuit ou l’air vous rentre dans les poumons et vous donne l’impression de faire le ménage, une nuit ou habituellement on regarde le ciel et on pense à notre futur, à tout ce qui nous attends. Le genre de nuit où on se rend compte à quel point on aime la vie.
Khléotia, qui ne dormais pas elle non plus, vint me rejoindre sur une roche qui me servait de chaise longue. Elle s’assit sur le roc et contempla le ciel en silence. J’éprouvais une chaleur à sa présence. Je ne savais plus s’il fallait que je regarde le ciel ou sa beauté. J’avais le goût de lui parler, de dire quelque chose. Mais j’étais maladroit avec les filles. Je l’avais toujours été, j’avais cru pouvoir m’en passer en entrant dans l’armée, conjurer les mauvais souvenirs dans l’effort, ne plus jamais penser aux femmes et à l’amour. Mais voilà qu’elle, Khléotia était arrivée. Elle qui incarnait mon idéal féminin comme si mon idéal avait été forgé pour et par elle. Elle était en harmonie avec tout ce qui l’entourait, la pureté des montagnes, la fraîcheur de la brise, les étoiles lumineuses, comme si elle était né dans ces lieux, comme si elle avait vu le jour en même temps que tous ces éléments.
À suivre...
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Écrit par : catherine | 30.01.2006
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